Enfin une période de beau temps donc je me suis décidée de faire un vol à partir des Alpes jusqu'au sud de la France, fin septembre 2001...

J'ai commencé à me maquiller à 6h - berk ! Quelle horrible tronche ! Le temps de préparer mes bagages et l'ULM, il était déja midi et il faisait vachement chaud. J'ai décollé d'Albertville et je suis allée à Grenoble - le Versoud, un vol de 1 heure 15 minutes à cause d'un vent de face de 50 km/h.
Qu'est ce que j'étais mignonne en petit haut mauve, jupette blanche, large ceinture mauve et des bottines à talons hauts ! Pas exactement une tenue correcte pour voler en ULM pendulaire mais tant pis. A Grenoble, une superbe jeune femme s'est présentée comme membre du club d'ULM chargée de la sécurité et elle m'a posé pleins de questions. Il était tout à fait évident qu'elle ne croyait pas que j'étais une vraie pilote et elle craignait l'accident, avec toutes les complications pour la pratique de l'ULM à cet aéroport.
Convaincue, elle est devenue toute souriante et aimable, et très interessée à comprendre cette créature divine venue du ciel !!! Elle m'a soigneusement conseillé de prendre pas mal d'altitude car cela manquait de terrains convenables en cas de panne moteur sur les prochains 30 km.
Malheureusement, elle ne m'a pas demandé mon numéro de téléphone...
![]() Gap Tallard |
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Je suis repartie pour Fayence, un aérodrome pour planeurs, pas loin de Cannes. Après une demi-heure de vol, la visibilité a commencé à se dégrader et la base des nuages à envelopper les sommets, nombreux dans cette région particulièrement sauvage. Pire encore, j'étais obligée de contourner une immense zone militaire ou on pratique des tirs de missiles. Bon, je ne me suis pas fait tirer dessus et je suis arrivée à Fayence à la tombée de la nuit. J'aurais voulu passer la nuit à Cannes chez une ancienne copine mais elle avait retiré son invitation à la dernière minute, et de toute facon il était trop tard pour faire du stop jusqu'à Cannes. J'ai donc bien arrimé mon ULM en cas de coup de vent pendant la nuit, assistée par 3 jeunes mecs qui me posaient sans arrêt des questions sur le vol en ULM. Ils m'appelaient continuellement "Madame" ce que j'ai trouvé terriblement drôle. Quand ils partirent, ils me dirent avec beaucoup de sérieux : "ça a été un grand plaisir de discuter avec vous Madame !" J'ai mangé au resto de l'aéroclub, puis le gérant m'a aidée à trouver un hôtel non loin de là. Il m'a même enmenée là-bas. Le lendemain matin, je me suis habillée très correctement en petit t-shirt noir, large ceinture noire, minikilt rose et sandales à hauts talons. Le patron de l'hôtel, quand il a vu mon sac à dos assz lourd, a insisté pour m'enmener à l'aéroport ! Puis une femme m'a enmenée aller-retour avec mon bidon de 20 litres jusqu'à la station d'essence. Ils sont très aimables par ici !
J'ai eu un peu de difficulté à diriger mon ULM par terre avec ces talons mais j'ai réussi à décoller pour un terrain minuscule d'ULM à Roquebroussane, distant de 10 km, invitée par un pilote que j'avais rencontré à Fayence. Il m'a donné les coordonnées approximatives pour un autre terrain minuscule qui se trouvait à seulement 10 km de St Tropez. Il a ajouté qu'il y avait malheureusement une zone de mauvais temps arrivant par le sud-ouest le lendemain. Puisque je devais absolument être rentrée le lendemain soir, j'ai décidé de me grouiller un peu, mais à condition que je puisse quand-même passer un après-midi à St. Tropez... quelle fille n'aimerait pas en faire autant ? Survol de la mer avec toutes les yachts, puis je trouve le terrain aprés une recherche de 10 minutes.
![]() Fayence |
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![]() Port de Cogolin. |
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![]() St Tropez |
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Alors décollage pour Grenoble pour un vol terriblement turbulent et une vitesse de 130 km/h ! Je n'ai pas pu descendre au niveau correct pour le tour de piste car les thermiques étaient très forts et le contrôleur m'avait fait quelques remarques un peu sèches à la radio. Il m'a fait garer l'ULM devant la tour de contrôle, qui était loin du resto de l'aéroclub, j'ai dû marcher devant tous les hangars et j'ai été bien sifflée ! Je me suis assise sur la terrasse pour manger une salade et le vent a commencé à souffler avec des grosses bourrasques.
La serveuse est venu pour m'informer que la tour de contrôle s'inquiétait pour la sécurité de ma machine et que j'étais priée d'aller la vérifier. Quand je suis passée à côté de la tour, le contrôleur lui aussi est devenu tout aimable et il m'a proposé de garer la machine derrière un hangar à l'abri du vent. J'ai eu la permission de la garer devant le resto, ce qui a émerveillé la clientèle qui n'en revenait pas que l'on ose piloter un engin si petit et que la pilote était "hé bien, un peu différente quoi" ! J'ai vite fini de manger et la serveuse était toute inquiète de ce que je n'avais mangé que la moitié. Je lui ai répondu que je risquais de tout vomir là-haut !
Un type du bureau de la Chambre de Commerce et d'Industrie est venu pendant que je me préparais à partir. Il m'a dit que la tour de contrôle s'inquiétait car le vent était tellement fort que si je voulais avoir une place pour la nuit dans un hangar je pouvais partir le lendemain. Il s'adressait tout le temps à moi comme "Madame" ce qui m'a beaucoup plu ! Après, ce fut très difficile car le vent retroussait mon minikilt pendant que j'essayais de ranger mes affaires dans l'ULM et tout le monde me regardait de la terrasse du resto. J'ai dû attacher mon écharpe autour des mes cuisses !
Puis j'ai décollé avec un roulement de 3 mètres seulement avant de grimper presque verticalement. Quand je suis arrivée a Albertville, il faisait très chaud et il n'y avait aucun vent. Plus tard, dans la soirée il y a eu un orage très violent qui a causé pas mal de dégâts.
Quels agréables 3 jours j'ai vécus, et quel dommage que mon petit voyage n'ait pas pu durer plus longtemps, car j'aurais voulu continuer jusqu'en Espagne. Bon, ce sera la prochaine fois !