Levée à 5h, je me suis habillée dans mon petit haut noir en mousseline de soie noué devant, ceinture noire, longue jupe bleu et blanc et bottes de daim brun foncé à talons hauts. J'étais toujours très triste mais au moins voyager un peu me changerait les idées. Je suis arrivée à l'aéroport de Genève à 7h05. Un des douaniers m'a reconnue et m'a souhaité bon voyage. Après un vol d'une demi-heure vers Zurich, j'ai embarqué sur le vol du Caire, qui était presque vide. Il y avait environ 15 passagers dans le MD 11 qui a 240 places... merci à la guerre en Irak. Je suis arrivée au Caire à 14h30 et il pleuvait, 12°C avec du vent ! Aucun problème à l'immigration, fouille rapide de ma valise par la douane, j'ai pris un taxi pour l'hôtel, un trajet de 1h1/2 dans une circulation très dense.
Le ciel était d'un noir menaçant, il pleuvait, les vitres du taxi étaient couvertes de sable et d'humidité. Je me sentais heureuse d'être à nouveau moi-même mais triste de la rupture avec mon épouse. J'aurais aimé me trouver à côté d'elle dans le lit mais elle était très froide avec moi.
Le personnel a été très accueillant à l'hôtel Flamenco de Zamalek, une île sur le Nil au centre du Caire. Ils ont été enchantés de me revoir et m'ont remerciée d'avoir envoyé les photos que j'avais faites avec eux l'année dernière. Je me suis changée en pull rose, jeans, ceinture rose, veste de jean et chaussures de marche. J'ai bu une bière au bar puis je suis allée à pied à un restaurant de sushi par les rues sombres, humides et ventées. Personne ne m'a embêtée. Je parie que peu auraient osé étant donné la situation actuelle de guerre pas très loin ! Un collègue de travail disait qu'il restait en sécurité à son hôtel au Koweit quand il ne travaillait pas... Ah bon, je suis une fille courageuse, je suppose. J'ai téléphoné à ma fille, je lui ai dit qu'elle me manquait et que je l'aimais... et elle a ri avec allégresse ! Adorable petite fille. J'ai parlé à ma femme, qui m'a remerciée pour mon message. Elle semblait seule et très triste. |