Corinne retourne en Egypte 2005. Page 1

Ma transition et mon changement de sexe en 2004 ont été très mal vus par mon employeur et j'ai réussi de justesse à m'accrocher à mon travail sans me faire virer. J'ai cependant été dépouillée de mes responsabilités pour le Moyen-Orient parce qu'on a considéré comme totalement impossible que je puisse continuer à y travailler. Cependant, un an plus tard, après ma mission réussie en Europe et après beaucoup d'insistance de ma part, il a été convenu que je puisse reprendre la responsabilité pour l'Egypte, à titre d'essai.
Je raconte donc ici mon expérience. Sera-ce la première fois qu'une femme d'affaires transsexuelle ira traiter des affaires au Moyen-Orient ?


Retour en Egypte... mais cette fois en VRAIE fille ! ! !

Mardi 29 mars 2005, 7 mois après mon changement de sexe... Je me suis réveillée à 3h30, riant de quelque chose dans mon rêve, puis j'ai réussi à m'extraire de mon lit chaud et douillet à 4h. C'est une heure épouvantable pour devoir se lever, hein ?
Je suis partie de chez moi à 5h40 en voiture pour l'aéroport de Genève, j'ai pris un vol pour Zurich sur Swiss Airlines, puis j'ai continué vers Le Caire, recevant quelques regards haineux d'une ou deux femmes pour une raison quelconque. Bien que ce soit un vol intercontinental, il n'y avait pas le moindre journal. Rien à grignoter, pas de chocolat non plus... Un peu nul, vraiment. Swiss est tombé bien bas.
Je suis arrivée à 14h30 et j'ai fait la queue pendant 30 minutes à l'immigration. Je ne pouvais pas m'empêcher de rire parce qu'il y avait un officiel se donnant l'air important qui, au lieu de se mettre dans une des nombreuses cabines vides et de réduire la file d'attente, restait seulement là et du doigt faisait signe aux passagers d'avancer, prenait leurs passeports et les remettait à son collègue dans la cabine... c'était un exercice tout à fait inutile !
Une fois dehors sur le trottoir, j'ai constaté que mon téléphone ne se voulait pas se connecter à un opérateur, et Esmail - mon chauffeur de taxi - n'était visible nulle part et je ne pouvais pas l'appeler. J'ai dû subir le harcèlement habituel du "taxi ? taxi ?" alors j'ai attendu Esmael dehors par 27°. Après 45 minutes pendant lesquelles j'ai été baratinée par tout un chacun, j'ai prépayé un taxi officiel de l'aéroport et Esmail est arrivé juste au moment où je montais dedans. Typique, et un peu stupide vu qu'il avait été averti 3 semaines à l'avance. Je lui ai dit de venir me prendre demain matin.


Un hôtel chic pour la Miss

Le taxi m'a emmenée au Mariott Cairo dans Zamalek, au centre du Caire. Le Mariott, en plus d'être excessivement cher, est un complexe hôtelier unique installé parmi des jardins fabuleux, dont le point central est l'extravagant palais Al Gezira. Quand le canal de Suez fut inauguré, le palais logea les têtes couronnées européennes en visite, y compris l'Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Ses cinq restaurants servent une cuisine exceptionnelle et son jardin-café enchanteur fait oublier aux visiteurs qu'ils sont dans une ville de plusieurs millions d'habitants. Un machin impressionnant, hein ? C'est du moins ce que raconte la brochure. Personnellement je n'ai jamais entendu parler de l'impératrice Eugénie mais j'espère qu'elle a eu des journaux et du chocolat sur SON vol. Délaissé par les têtes couronnées européennes, cet hôtel allait maintenant loger "Mlle Gros Nichons".
Ma chambre, à ma consternation et pas comme celle de l'imperatrice, était pleine de moustiques. Premier arrêt : la piscine, dans mon bikini rose et noir, où je n'ai absolument pas attiré l'attention ! A cette heure, il faisait un peu frais et les mouches ont semblé m'avoir prise pour cible, ignorant tous les autres (un peu comme la fumée de cigarette et les ballons de foot sur la plage). J'ai néanmoins piqué une tête puis je suis allée m'asseoir dans le jacuzzi (40° agréables) et j'ai essayé le sauna mais j'ai eu peur pour mon maquillage. Au moins ce fut mon premier sauna féminin... même si j'en fus la seule occupante !
Je suis rentrée à ma chambre après avoir eu des sourires chaleureux de tout le personnel du club de santé et j'ai été arrêtée en chemin par un client d'environ 25ans qui voulait que je lui donne le numéro de ma chambre. J'ai répondu que ma mère m'avait appris à ne jamais donner mon numéro de téléphone ou mon numéro de chambre aux étrangers. Dans ma chambre, j'ai dû appeler le service d'étage pour anéantir les moustiques. Le type semblait être tombé amoureux et devenait très bavard, j'ai dû le repousser dehors.
Je me suis rafraîchie et j'ai flâné parmi des différents restaurants, avec des grands sourires du personnel. La vendeuse du magasin de souvenirs m'a dit que j'étais très belle ! Un Koweiti m'a conviée à dîner avec lui mais j'ai dit que mon patron m'attendait. J'ai mangé au restaurant japonais de l'hôtel. La nourriture était moyenne mais le service vraiment très spécial, j'ai été baratinée par les serveurs et même la serveuse. C'était à mourir de rire.
Je suis ensuite remontée à ma chambre et j'ai fait ma dilatation (le régime est maintenant descendu de 2x2 heures par jour à 2x1 heure, ce qui non seulement rend la vie un peu plus facile, mais aussi les mathématiques) et j'ai dormi profondément.


Le Grand Jour et ma première réunion, Pyramids Heights à Gizeh

Mercredi 30 mars. Bon, j'y suis ! Le plus grand test de toute ma transition ! Allais-je être prise au sérieux ou devenir la prochaine victime d'une fatwa ? Je me suis levée à 7h, me sentant en forme, j'ai mis mon chemisier beige, un tailleur d'affaires très chic, collier blanc... j'avais l'air très bcbg. Je suis allée petit-déjeuner et je n'ai eu aucun regard spécial, juste des regards intéressés. Je me sentais comme la vedette d'un film.
À 8h15, je suis sortie et j'ai trouvé Esmael, le chauffeur de taxi. Il a remarqué avec un sourire "Tout le monde te regarde, te dit très belle". Je lui ai dit "je suis maintenant une dame, je suis allée à l'hôpital en Thaïlande en septembre". Je loue les services d'Esmael depuis maintenant quelques années et il a vu ma transition de très près, me transportant en taxi en garçon aux réunions en journée, puis en femme le reste du temps. C'est un père de deux enfants très agréable, très religieux, travaillant dur et d'esprit ouvert.
Aujourd'hui, j'avais organisé un certain nombre de réunions autour du Caire, 6th October City et Gizeh. Je dois préciser à cette occasion que j'avais téléphoné ou envoyé des mails à tous les gens que je souhaitais voir au Caire, expliquant que mon nom était Corinne et que j'étais la nouvelle directrice régionale pour l'Egypte, remplaçant "Richard" qui avait quitté la société. Je n'allais pas expliquer autre chose à moins que quelqu'un ne m'ait reconnue... ce que j'espérais sincèrement que personne ne ferait parce que l'idée d'avoir affaire à une transsexuelle équivaudrait à leur faire tomber le paradis d'Allah sur la tête.


Des clients charmants ! ! !

Ma première réunion était chez [censuré] à Pyramids Heights, Alexandria Road à Gizeh. Malheureusement, il y avait un vent violent qui a totalement ébouriffé mes cheveux. Zut ! La dame avec qui j'avais rendez-vous a dit qu'elle m'avait envoyé un e-mail pour annuler et j'ai répondu que j'étais allée skier pendant les vacances de Pâques et que je ne l'avais pas eu. Je l'avais eu, mais j'avais choisi de l'ignorer dans le but de conserver une réunion importante ! J'ai également eu une réunion avec un des chefs de produit. Les deux ont semblé me prendre telle quelle et le dernier n'a pas du tout été dérangé quand je me suis penchée au-dessus de son épaule pour montrer quelque chose sur son ordinateur.
Jusque là, tout allait bien.
Le suivant était le directeur de gestion d'une société internationale et je pense que le monsieur et la société préfèrent rester anonymes, par discrétion ! Bon, appelons-le Abdul, OK ? Cela allait être intéressant du fait que je connaissais Abdul d'avant, quand j'étais un mec, et au téléphone il m'avait demandé de lui dire ce qui était arrivé à Richard. Il a été tout à fait enchanté de me rencontrer, complètement ébloui, et nous avons bavardé agréablement (Richard n'avait jamais été traité aussi gentiment). Il m'a dit que mes yeux étaient magnifiques et très expressifs d'une personnalité heureuse. Il a reconnu avoir été très impressionné par ma belle voix et mon rire au téléphone quand je l'avais appelé la première fois. Ça alors !.. comment pourrais-je maintenant lui dire que j'ai changé de sexe ? Je pense que cela lui ferait un choc. Il a demandé s'il pouvait me sortir ce soir pour dîner et j'ai accepté. Cela pouvait être amusant, c'est une personne agréable et ce serait le premier dîner d'affaires de Corinne à part un en Suède en novembre. Mais s'il y allait trop fortement ? Je n'ai aucune expérience de la façon gérer ce genre de situation.
Il m'a fait la bise sur les deux joues (une autre première pour moi dans ma vie professionnelle !) et il a promis de me prendre plus tard à mon hôtel. Je suis partie pour la prochaine société voir... bon nous appellerons celui-là Ahmed. Ce client avait toujours salué Richard avec peu d'enthousiasme, portant toujours une expression très ennuyée sur le visage. Cette fois ses yeux se sont allumés comme un arbre de Noël quand il m'a vue ! Je me suis sentie comme si j'étais une des plus belles femmes du monde ! Que c'est marrant ! Il était au téléphone, donc j'ai expliqué par gestes que j'allais juste faire une visite rapide aux WC dames et que je revenais. J'ai observé une inexplicable expression de détresse sur son visage mais il était engagé dans une conversation importante donc j'ai supposé qu'il était préoccupé par ça.
J'ai fermé sa porte et je suis allée aux WC dames faire pipi. Catastrophe ! Il n'y avait pas le moindre bout de papier WC là-dedans ! Maintenant je comprenais pourquoi il avait semblé alarmé ! Dans les petites sociétés égyptiennes, ils ont peur que le personnel ne chaparde le papier WC donc ils n'en fournissent pas. J'ai dû m'essuyer avec la main, puis la laver, rien que pour découvrir qu'il n'y avait pas non plus de serviette ! Ça ne fait rien, je me suis essuyé les mains sur le derrière de mon chemisier ! Quand je suis retournée frapper à sa porte, elle s'est ouverte instantanément et je l'ai trouvé m'offrant une boîte de kleenex ! C'était évidemment le stock gardé à portée de main pour les visiteurs importants et je me suis sentie très honorée. Il était tout à fait charmant et il m'a invitée à un sushi lundi soir ! À ce train-là, Miss Gros Nichons risquait d'être surbookée ! Lui aussi m'a fait la bise.
Sur la liste il y avait ensuite une autre très petite société égyptienne où le type était aussi très plaisant. Malheureusement, je ne pourrais pas rencontrer le patron de [censuré] parce qu'il était parti une heure plus tôt avec un lumbago donc j'ai vu à sa place le directeur des ventes. Un monsieur très sérieux, il était plutôt réservé au début mais il s'est bientôt réchauffé sous mon charme et la réunion a été très réussie.
Après cela il était temps de retourner à l'hôtel pour faire une dilatation. J'ai appelé le directeur de la prospective au bureau pour lui dire les bonnes nouvelles au sujet de mon premier jour et pour proposer que je sois nommée directrice régionale pour le Moyen-Orient avec effet immédiat ! Puis j'ai pris une douche, j'ai refait mon maquillage et me suis habillée en t-shirt gris, pantalon gris et bottes noires. J'ai été tentée de mettre une jolie robe blanche mais cela aurait signifié qu'avec mes plateformes j'aurais dominé Abdul qui aurait eu besoin d'un mégaphone pour me parler. J'ai téléphoné à ma fille en France et j'ai attendu l'appel d'Abdul.


Diner d'affaires avec magouille locale

Abdul a appelé à 19h50 pour dire qu'il serait là dans 10 minutes, je suis donc descendue et je l'ai attendu à l'entrée, très consciente des effets que mon décolleté produisait sur les gens. Dès que je suis montée dans sa voiture ses yeux se sont allumés et il a dit "c'est mon jour de chance... une si belle jeune femme" et j'ai su que cela n'allait pas être un dîner d'affaires ordinaire. Peut-être qu'après tout le t-shirt décolleté n'était pas une très bonne idée... Il m'a dit que nous allions faire une excursion, ce qui ne m'a pas rendue exactement très enthousiaste car j'avais assez roulé pour aujourd'hui et j'aurais préféré aller directement au restaurant. Nous sommes arrivés dans une rue égyptienne pour les amoureux sur une colline dominant Le Caire. Abdul m'a dit avec un clin d'oeil qu'il avait une bonne bouteille de vin dans la voiture. J'ai répondu prudemment que je ne buvais du vin qu'aux repas. Il m'a alors surprise en me demandant si j'aimais embrasser ! J'étais amusée mais déçue par le manque de respect qu'il me montrait en me traitant comme si j'étais une proie facile, autant que par sa suprême confiance en soi. Je lui ai dit que je n'aimais pas embrasser ce qui l'a évidemment laissé confondu.
Vinrent ensuite une série de questions au sujet de mes désirs sexuels et j'ai intérieurement déploré son absence totale de finesse. J'ai décidé que ma seule issue de secours était de lui dire que je préférais les femmes. Il a été complètement sidéré, n'ayant apparemment jamais entendu parler d'une telle chose. J'ai doucement affiné ma remarque pour exclure complètement les hommes et j'ai alors laissé entendre que je commençais à avoir faim.
Nous sommes redescendus de la colline et je pouvais le sentir calculer les avantages possibles de la soirée par rapport au coût impliqué. Abdul a garé sa voiture et nous avons marché le long du Nil vers un soi-disant excellent restaurant chinois flottant dans lequel nous étions sensés manger. Grande consternation : il avait disparu ! Un passant a informé mon galant compagnon qu'il avait coulé deux jours plus tôt !


Le t-shirt peu convenablement choisi

Nous avons fini dans un affreux restaurant Égyptien-Libanais bon marché, remarquable par son décor sombre, un service minable et des couverts sales. Après un interminable discours d'Abdul, pendant lequel je pus seulement réfléchir sur la façon dont le temps fuyait, j'ai choisi des saucisses faute de plat plus intéressant, suivies de grillades mixtes (qui... oui, vous l'avez deviné cher lecteur... contenaient encore des saucisses). Les saucisses (les premières), censées être l'entrée, sont arrivées en même temps que le plat principal (les autres saucisses)... ce qui, pour résumer une longue histoire, eut pour conséquence une surabondance de saucisses. Surmontant ma résolution de jouer la compagne féminine, réservée et passive, galamment protégée par mon homme, j'ai renvoyé les grillades mixtes. Cela a étouffé le serveur de surprise et d'indignation - une femme normale se comportant d'une telle façon ! Mon galant a été également légèrement pris de court mais il a souri aimablement donc apparemment il n'était pas offensé.
Les saucisses libanaises étaient, contre toute attente, étonnamment bonnes, de même que la bouteille de vin égyptien Omar Khayam. Le grillades mixtes sont revenues, ayant l'air de se porter encore plus mal après leur rencontre avec les micro-ondes, accompagnées de frites surgelées essayant désespérément de ne pas s'écrouler par-dessus le bord du plat. Tout, comme j'avais suspecté, était froid comme la pierre, le serveur ayant simplement, et très professionnellement, tout mis de côté. Abdul a renvoyé le serveur en l'engueulant pour réchauffer le plat puis il a englouti ses spaghetti tout aussi congelés.
À minuit j'ai doucement suggéré qu'il pourrait être temps de partir parce que j'avais du travail le lendemain, et me sentant coupable de n'avoir pas joué le rôle qu'il avait évidemment espéré de moi, j'ai pris son bras pendant que nous retournions à la voiture. Il a suggéré que nous fassions une promenade et j'ai refusé. Dans la voiture, il s'est soudain précipité sur mes seins, ce que j'ai trouvé un peu excessif vu que c'était censé être un dîner d'affaires, mais peut-être est-ce une coutume égyptienne ? Il a voulu venir dans ma chambre mais je lui ai fait un petit bisou amical sur la joue et j'ai dit non.
Toute cette affaire était un peu dérangeante pour moi parce que ma mère ne m'a jamais appris comment traiter des avances amoureuses par des relations d'affaires. Je ne pourrais pas être trop ferme dans mon refus si que je devais le revoir l'année prochaine !


C'est vraiment des affaires avec du plaisir

Jeudi 31 mars. Je me suis habilléé en tailleur et t-shirt bleu-foncé décolleté mais pas trop. Le vent fort et la poussière ont encore immédiatement pourri ma coiffure. L'importateur de [censuré] était le premier et j'ai été consternée de trouver les 4 chefs de produit et le Directeur général qui m'attendaient. La réunion s'est cependant bien passée et je me suis sentie totalement confiante, ce qui ne m'était jamais arrivé en tant qu'homme. Avec la société suivante, tout s'est encore bien passé. 3 sociétés de plus et ma chance tenait toujours, sans indice que j'avais été démasquée par quiconque : aucuns coups de coude, chuchotements, ricanements regards fixes ou en biais. C'était vraiment encourageant.
J'ai fait ma dilatation à l'hôtel puis je suis allée manger du sushi au Sheraton, portant mon pull coquin à trous-trous, mais c'était aussi mauvais qu'au Mariott. J'ai reçu un sms d'Ahmed disant que je ferais de lui l'homme le plus heureux du Caire si je pouvais boire un verre avec lui au bar du Mariott. Puis il a téléphoné et je lui ai dit que je n'étais pas actuellement au Mariott et aussi que je devais me coucher tôt. J'ai pris une douche, j'ai fait mes bagages et je me suis couchée à 23h.


Depart pour la Mer Rouge. Houhou... nous semblons voler plus haut que je pensais !

Vendredi 1er avril. J'ai réussi à me lever à 4h30, me sentant relativement énergique et je suis partie pour l'aéroport à 6h00. Il fallait seulement 20 minutes à cette heure matinale.
Il y avait 23° à Charm el Cheikh quand nous sommes arrivés à 9h00 et, malheureusement, beaucoup de vent. J'ai pris le bus de l'hôtel Mariott Beach Resort, je me suis inscrite et je suis allée déjeuner. Un des serveurs m'a reconnue d'il y a 2 ans ! J'ai lu mes e-mails puis je suis allée à la piscine, je me suis baignée et alors, en violation flagrante du panneau "NO TOPLESS SUNBATHING", j'ai enlevé le haut du bikini pour le prendre un bain de soleil... et j'ai été attaquée dans les 30 secondes par le préposé de la piscine ! Mes nénés sont nettement plus présentables que la dernière fois, où j'avais été très déçue que personne ne m'ait rien dit ! J'ai fait semblant de ne pas comprendre ce qu'il disait et le pauvre homme a semblé très embarassé, regardant vers le sol. Une fille anglaise tout près a souri et a dit "je pense qu'il veut que vous remettiez le haut de votre bikini !" Vraiment ravie, je me suis déplacée vers la plage. Il y avait beaucoup de touristes russes cette fois. Je dois admettre que j'ai un look assez hallucinant dans mon bikini rose et noir et que j'avais un des plus beaux corps féminins de la plage.
J'ai fait attention à ne pas rester trop longtemps au soleil et je suis allée dilater à l'heure du déjeuner, puis j'ai dormi un peu. Le soir, je me suis promenée le long du beau sentier qui serpente entre les jardins subtropicaux des différents hôtels : un labyrinthe de restaurants en plein air, de piscines et de palmiers.
Malheureusement j'ai été sans cesse harcelée : "Ma'am, d'où venez-vous ? Première fois en Egypte ? Vous êtes très belle... Ce sont des verres de contact ou vos yeux ont-ils vraiment cette couleur ? Êtes-vous mariée ? Voulez-vous un gentil mari égyptien ? Je suis très fort !"
Je suis allée manger au buffet en plein air et j'ai assisté à un spectacle de danse du ventre. J'ai été choisie par la danseuse pour danser avec elle, malgré ma réticence à monter sur scène. L'organisatrice italienne m'a demandé si j'étais un modèle en raison de mon corps et j'ai confié que j'étais transsexuelle. Elle en a été complètement baba.
J'ai pris un autobus pour la discothèque du désert, qui était dans une immense arène en plein air dans les montagnes.
Malheureusement la musique était désespérante (3ème choix au hit parade MTV). C'était plein de putes russes très banales qui semblaient toutes les mêmes et qui se poussaient du coude en me regardant. Quelqu'un m'a demandé si j'étais un garçon ou une fille et j'ai répondu "une fille, et vous n'avez pas besoin de m'insulter", à quoi il a dit "désolé, c'est seulement que vous avez l'air entre les deux". Pas très sympa.
Je suis partie à 1h30 et j'ai dû prendre un taxi. Le jeune conducteur punk voulait que je m'asseye à l'avant et j'ai refusé. Il est devenu désagréable parce que je ne le laisserais pas me toucher et ce ne fut pas du tout un parcours plaisant. Quand je suis descendue, il a regardé ma jupe, qui était extrêmement courte (celle en denim rapiécé que j'avais achetée à Bangkok) et son esprit a fait tilt quand mon string blanc a révélé ma chatte et une de mes petites lèvres comprimée à travers la maille large ! Il a exigé de regarder en détail mais je me suis rajustée et je l'ai entendu crier "tu ne devrais pas t'habiller comme cela si tu n'es pas disposée à aller avec un homme !"

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