Corinne en Egypte 2007. Page 2

... et les aventures picaresques continuent, sans mollir...


Danse du ventre sous les palmiers.

J'ai dîné dehors car la température à ce moment était vraiment agréable, environ 26°. C'était un barbecue avec danse du ventre et naturellement j'ai fini par être choisie par l'artiste pour danser avec elle ! Quand j'ai eu fini tout le monde a applaudi très fort ! Voici une image du palmier. Pour pour ne pas offenser mes chers lecteurs, je n'ai pas publié de photo de moi avec la danseuse du ventre. Je veux dire que c'est censé être un site "propre", destiné au Grand Public.
Le lendemain je me suis levée à 5h30, juste pour me changer, me sentant relativement régénérée après une nuit avec la clim à fond. Je me suis habillée en t-shirt blanc, short moulant et grosses chaussures de marche, j'ai petit-déjeuné rapidement puis j'ai pris à 7h le bateau navette de l'hôtel, sur le Nil pour Louksor. A peine avais-je posé un pied hors du bateau que j'ai été saisie par un "guide" et transportée de l'autre côté du Nil pour 5£.


Moi et mon guide, Zidane, avec son gros bide.

Zidane était un homme rond d'âge moyen habillé d'une robe longue brune, de chaussures de ville noires brillantes, avec des symboles de livre égyptienne dans les pupilles. Il s'est enquis de mes intentions et j'ai répondu que je voulais louer un âne pour la Vallée des Rois. Il a demandé combien je voulais payer donc j'ai répondu "pas beaucoup". Il a proposé 300£, je dit "pas question" et que j'allais marcher. Il pouvait voir que j'étais habillée pour une randonnée et donc le prix est descendu à 200£. J'ai dit 100£, proposition qui a causé chez lui surprise, colère et indignation. Il a dit 180£, j'ai dit 120£ et nous avons conclu à 150£ (20€) pour 2 ânes. Cest pénible ce marchandage préalable, que de temps perdu !.. pourquoi ne peuvent-ils pas simplement agrafer une étiquette de prix à l'oreille de l'âne ?
Une vieille dame voûtée dans un châle noir, passant par là avec son âne et s'occupant de ses propres affaires, en a été privée de force en échange de ce que je suppose des honoraires appropriés, et nous avons dû nous asseoir pour attendre l'autre âne qu'un garçon était allé voler. En attendant, le baratin a commencé. J'ai appris, à ma surprise, que j'étais une femme très belle avec un corps génial. Il m'a demandé si j'étais mariée, à quoi j'ai répondu "oui". Une fille dans ma position périlleuse ne répond pas négativement à cette question à moins qu'elle ne veuille beaucoup d'ennuis. Néanmoins Zidane a continué d'essayer de toucher ma cuisse. En suite le deuxième âne est arrivé et nous sommes partis.
Nous sommes montés par la route principale qui sort tout de suite de la ville pour entrer dans le désert, nous arrêtant à la base de la montagne de 300 mètres de haut. Il n'y avait pas une moindre trace de végétation à partir d'ici, juste de la roche, du sable et un soleil torride. C'était le genre de paysage inhospitalier dans lequel on s'attend à voir les survivants d'un quelconque accident d'avion morts de soif, trébuchant après un mirage, pendant que des escadrilles de vautours décrivent des cercles au-dessus de leurs têtes. Je suppose qu'on aurait pu comparer Zidane à un vautour tournoyant, mais ce ne serait pas une allusion très gentille, n'est-ce pas ? Quoi qu'il en soit il n'aurait jamais pu voler s'il avait été un oiseau... pas avec cette énorme bedaine. Il faisait vraiment très chaud à ce moment bien qu'il fût encore relativement tôt le matin. J'étais très mal sur ma bête de somme, glissant sans cesse d'un côté ou de l'autre, avec tout le temps Zidane essayant de me tripoter ce qui m'obligeait à utiliser une main pour le repousser. Son jeu semblait être de me forcer à repousser sa main, de façon à ce qu'il saisisse ma main pour essayer de me faire tâter son érection. C'était très pénible. Étant une fille munie d'une vaste expérience pour éviter les avances des mâles, j'ai heureusement réussi à éviter de faire ce qu'il voulait.


Mlle Gros Nichons entre dans la Vallée des Rois (*)

Pendant que nous montions, il devenait tout à fait impossible de rester sur l'âne, glissant dangereusement d'un côté ou l'autre, tout en me défendant de Zidane et de sa "main secourable" (chaque fille connaît ces astuces), donc j'ai "démonté" (un mot snob de culture hippique pour dire "se foutre la gueule par terre") et j'ai marché tout en tenant l'âne. J'étais tout à fait heureuse de cet arrangement parce qu'il me permettait de faire de l'exercice, mais Zidane a continué de me recommander instamment de remonter sur l'âne. Il était embarrassé parce que lui, le guide, chevauchait tandis que moi, la faible femme, je marchais ! Je pensais en riant intérieurement qu'il commencerait à devenir très insistant en approchant du poste de police au col, ce qu'il fit. Les flics ont ri de nous, ou plus vraisemblablement de lui.
Comme la descente de l'autre côté était trop raide pour les ânes, je l'ai laissé avec eux et une bouteille d'eau pour lui éviter de mourir pendant que j'étais partie et je suis descendue dans la Vallée des Rois. C'était une descente d'environ 200 mètres de dénivelée et il faisait de plus en plus chaud en descendant, aux environs de 40°, avec absolument aucun vent. J'ai dû aller à l'entrée pour acheter le billet qui donne l'accès à 3 tombeaux et je me suis réfugiée un moment au centre des visiteurs, climatisé. J'ai d'abord visité le tombeau de Ramses IV. J'ai fait l'erreur de filmer à l'intérieur du tombeau pendant 20 secondes et un garde très agressif dans une longue robe sale a saisi ma caméra, éructant quelque chose d'inintelligible, sa bouche édentée m'arrosant de postillons. J'ai refusé de lâcher ma caméra et je lui ai dit de me laisser tranquille. Il avait l'air complètement cinglé. En attendant, tous les autres touristes s'étaient évaporés craintivement. J'ai essayé de marcher doucement sur son pied avec ma grosse chaussure, sans vouloir lui écraser les orteils, mais il ne m'a laissée que quand je lui ai tordu les doigts en arrière. Je pense qu'il réfléchira deux fois à l'avenir avant d'agresser une grande fille comme moi. Je lui ai dit qu'il était vraiment un sale type et je suis allée au tombeau suivant, celui de Ramses IX. Il est clair que pas mal de membres de la famille Ramses ont lâché la rampe dans cette vallée...


Miss Grosnichons quitte la Vallée des Rois (*)

Ayant eu mon compte de culture pour plusieurs années, je suis remontée au col (vers la gauche et hors de l'image, derrière moi). C'était tout à fait exténuant ! Les choses ne se sont pas arrangées à cause de cet idiot de Zidane qui ne cessait de me crier d'aller à gauche plutôt qu'à droite, par où j'étais descendue. Contre mon instinct, j'ai suivi ses instructions, supposant qu'il savait un truc que j'ignorais (il y avait peut-être une colonie de lépreux à contourner ?), et cela m'a amenée sur un chemin si raide et si friable que j'ai eu une grande difficulté à ne pas glisser et tomber pour rejoindre les restes de la famille Ramses. Quand je suis arrivée, en surchauffe sévère et à bout de souffle, je lui ai demandé pourquoi il avait insisté pour que je passe par là et il m'a répondu que c'était plus rapide. Il n'était jamais venu à l'idée de cet imbécile qu'une fille frêle, s'élevant par une température de 40° sur un chemin friable, pourrait préférer prendre un itinéraire moins raide. Il avait juste voulu se tirer de là et retourner à sa vie confortable aussi vite que possible.
Nous avons commencé la descente vers le Nil et j'ai continué à devoir supporter ses contacts. À un endroit, je lui ai demandé de me filmer et j'ai dû crier "stop !" car, regardant dans le viseur, il avait fait deux pas en arrière et il était presque allé au-dessus du précipice, ses chaussures de ville noires brillantes et tout le reste, sur le point d'aller s'écraser contre le temple de Hatshepsout 200 mètres plus bas. La vieille Hatty - c'était une Pharaonne - aurait sans doute trouvé cela une fin très convenable pour un de ses libidineux compatriotes. J'ai pensé en riant que j'aurais pu économiser 150£ mais je n'ai pas voulu perdre ma caméra. Au Nil, j'ai été très heureuse de dé-monter et de prendre le bateau pour rentrer directement à l'hôtel, où j'ai passé l'après-midi à la piscine.

(*) NdT : Les titres viennent d'un poème très connu de Tennyson, "La Charge de la Brigade Légère". "Into the valley of death rode the six hundred" http://www.nationalcenter.org/ChargeoftheLightBrigade.html. La traduction perd malheureusement le sens... aaahh l'humour de Corinne !



Un barbecue avec ma plus belle robe

Le soir, j'ai mangé un repas sympathique dehors au restaurant-barbecue. Le cuisinier, un jeune homme souriant avec des joues de hamster, semblait être tombé amoureux de moi.


Moi et mon cuisinier

J'ai fini par me gaver de kofta d'agneau du fait que le petit cuisinier ne cessait de me combler de grillades fraîches, laissant aux autres les anciennes, refroidies.


Une promenade digestive en sandales à talons hauts

Après le dîner, je suis descendue à la jetée et je suis restée dans la nuit chaude à observer les eaux du Nil coulant vers le nord, Alexandrie et la Méditerranée. Ne serait-il pas sympa de pouvoir faire une croisière sur un des grands bateaux ? Bon, c'était l'heure d'aller au lit et je suis allé rejoindre Moo, mon nounours et je me suis glissée dans ma paillotte pour dormir.


Un bisou à un chameau

Cependant il n'y a aucun repos pour cette nana aventurière et je me suis levée le lendemain matin à 5h30 parce que j'avais beaucoup de choses à faire. Ce fut d'abord une courte visite au zoo de l'hôtel où j'ai caressé un bébé chameau ! Il y avait également un crocodile mais c'était son jour de repos et il restait tout le temps sous l'eau. Comme il y avait une barrière solide et quelques employés du zoo tout près, je ne pouvais pas le tenter de se déplacer en balançant mes orteils dans l'eau... ce que j'aurais sûrement fait si j'avais eu une moindre occasion !

Retour ( page 1 ) Suite ( page 3 / 4 )

eXTReMe Tracker