Corinne apprend le parapente 2007. Page 2

Elle est prête à sauter de la montagne, munie du strict minimum d'expérience. D'un seul coup elle passe d'un bond de 2 mètres de haut à un vol terrifiant de 775 mètres de dénivelée. Sa calculatrice l'informe que cela représente une progression de 38750 %. Corinne va-t-elle finir par casser sa jolie petite personne en morceaux ? Lisez la suite pour savoir !


Joséphine, experte en atterrissage dans les arbres, nous rejoint.

Didier nous a donné notre équipement. J'ai continué à le taquiner en lui demandant s'il avait une belle aile rose fluo pour moi. Puis je lui ai demandé s'il avait un casque avec un trou dans le dessus pour ma couette. Je ne savais vraiment pas s'il m'avait "lue" ou pas. De toute façon il m'a traitée en tant qu'amie. Mon amiE Joséphine, qui vit près de Chambéry, avait décidé de se joindre à moi pour un vol du matin en conditions calmes. L'été passé, nous avions volé ensemble (moi avec mon deltaplane et elle avec son parapente) et elle avait fini dans les arbres, il avait fallu la sauver par hélicoptère ! Bien que "passant" très bien en temps normal, elle avait décidé de se mettre en androgyne... ce qui me désola infiniment parce que si Didier ne m'avait pas "lue" jusqu'à maintenant il allait certainement faire le rapprochement en voyant Joséphine. Il a cependant joué le gentleman galant, de même que les autres personnes du cours, un groupe de Parisiens. Nous avons dû leur paraître très exotiques, et aussi légèrement déplacées !


Col de la Forclaz 1150 / 1215 m.

Oui bon, je sais que ce chapeau n'est pas tout à fait à la dernière mode et que même la Reine Babette II ne voudrait pas être vue dans cet accoutrement à l'hippodrome d'Ascot. Je me rends également compte que j'ai l'air bien moche mais je suppose que la sécurité passe avant l'élégance, hein ? Après avoir vérifié toutes mes suspentes pour m'assurer qu'il n'y avait aucun nœud et m'être habillée un peu plus raisonnablement, j'ai ramassé l'aile et je suis allée à l'aire de décollage, mes genoux jouant des castagnettes dans une trouille épouvantable !


Yé ! Suis-je certaine de vouloir faire ça ???

Bon, c'est l'heure de vérité. Je suis toute ligotée à ce gigantesque mouchoir et le vent est léger et chaud. Le lac étincelle, loin, loin au-dessous, à la lumière du soleil du matin. Un jour splendide pour courir à la mort, vraiment. Didier déploie soigneusement mon aile afin qu'elle monte directement quand je commencerai ma course de décollage. Un mec sympa, Didier... Je ne suis pas branchée hommes mais je trouve celui-là vraiment plaisant... et il a l'air tout à fait bien... avec un grand sens de l'humour... avec une personnalité très calme... hmmm... peut-être que mes genoux s'entrechoquent pour une raison différente ?


Allons-y !

En réalité je n'étais pas le moins du monde nerveuse ! Le décollage en deltaplane d'une courte rampe raide vers l'abîme est beaucoup plus angoissant que ça. J'étais vraiment excitée. Didier m'a dit d'y aller et j'ai couru fort, en sentant le parapente monter immédiatement au-dessus de ma tête et commencer à me soulever. Il a continué à me donner des instructions par la radio mais je me sentais tout à fait à l'aise. Quel plaisir ! ! !


Envolée.

En quelques secondes j'étais dans les airs et je volais vers le lac. C'est très doux comparé au deltaplane. Au lieu d'être couché avec la tête relevée et de se retrouver avec un cou raide, on repose dans un harnais très confortable et les commandes sont très légères. J'espérais que je pourrais tenir plus longtemps que les 10 minutes que ce vol devait durer... Didier m'a dit que mon décollage était parfait et qu'il allait me passer à son assistant, Hubert (un prénom désuet entre tous, mais un type très gentil), qui était sur le site d'atterrissage avec une radio.


Je veux encore !

Il était temps de plier ma voile et de remonter par le minibus pour un autre vol. J'espérais qu'il y aurait un peu d'ascendances cette fois mais, malheureusement, il n'y en avait aucune. Le 2ème vol fut tout aussi excitant que le premier. Ensuite Didier a décidé que les conditions allaient devenir trop fortes pour des débutants comme moi et il a décidé qu'il fallait arrêter de voler. Zut ! Chacun est allé déjeuner mais je me suis excusée parce que je devais aller chercher ma fille pour le week-end. Je suis revenue avec elle et nous nous sommes retrouvés pour le café (ils avaient pris 2 heures pour déjeuner !). J'ai été convaincue qu'ils avaient tous parlé de moi pendant que j'étais partie quand un des hommes a demandé " C'est votre fille alors ? " et que tous les autres devinrent silencieux, attendant la réponse. J'imagine que la conversation avait dû être quelque chose comme " Est-ce un homme ou une femme ? "... " Est-ce une transsexuelle ? "... " Mais si c'est une transsexuelle comment peut-elle avoir une fille ? ".. Bon, j'ai répondu que c'était en effet ma fille et l'homme a dit " Oui, on peut voir à ses yeux que c'est votre fille ! "

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